Le deuil numérique : vers une vie éternelle ?

L’avancée des nouvelles technologies a considérablement modifié notre vie et notamment notre rapport à la mort, avec des pratiques funéraires directement liées à notre existence virtuelle.

Le monde virtuel que certains ont bâti de leur vivant sur les réseaux sociaux les blogs ou les services de messagerie perdure à leur disparition.

Un vécu différent du deuil

Pour les proches de personnes disparues, le deuil s’effectue, bien souvent, via les réseaux sociaux. Alors qu’il existerait actuellement près de 90 millions de profils Facebook appartenant à des personnes décédées, que faire de ces comptes en suspend ? Le plus souvent, ils servent aux proches à s’unir dans leur souffrance, par échange de photo, de messages et d’anecdotes liées à la personne disparue.

Sheryl Shandberg, co-gérante du célèbre réseau social, a d’ailleurs récemment créé le buzz autour de la disparition de son époux. En y livrant ses émotions et la douleur ressentie face à cette épreuve, elle a provoqué l’émoi et a touché des milliers d’utilisateurs.

Cette histoire n’est pas isolée et nombreux sont les familles et amis à profiter de ce soutien virtuel pour surmonter la perte d’un proche. Pour autant, lorsque les commentaires s’amenuisent, cela signifie-t-il que le défunt est oublié ? Alors qu’un deuil “terrestre” se fait en plusieurs étapes, le deuil numérique semble infini, les réseaux sociaux nous rappelant sans cesse l’existence du disparu. Un mal pour un bien ? À chacun de faire son choix !

Le leg numérique

Au même titre qu’un leg matériel, il est désormais possible d’agir sur le devenir de vos données numériques (messagerie, coordonnées, photos, etc.) et autoriser leur conservation et leur transmission, ou à l’inverse leur effacement, grâce à un testament numérique.

Si ce testament permet de respecter votre volonté concernant les données personnelles, son application ne vaut actuellement que sur le territoire français et le chemin est long avant qu’elle ne soit adoptée partout ailleurs.

Une alternative, plus développée que le testament numérique, est la désignation d’une personne de confiance pour gérer ces données. Après l’absence de connexion à vos réseaux durant quelques mois, celle-ci aura accès à vos données afin de décider de leur devenir. Néanmoins, cette décision qui pousse à aborder le sujet de la mort numérique, et plus globalement de la mort, est un tabou qui fait encore place à quelques réticences.

Des funérailles transformées par le numérique

La distance semble mince entre le terrestre et le numérique, lorsque l’on s’attarde sur les services funéraires qu’il est désormais possibles d’avoir pour son enterrement. Vous pouvez, par exemple, demander à des entreprises spécialisées ( voir ce site) de préparer mais également d’assister aux funérailles d’un proche, directement sur Internet, grâce à des services de vidéo en ligne.

Dans le même ton, l’entreprise américaine Deathswitch propose à toute personne de préparer des messages personnalisés à ses proches, qui leur seront transmis par courriel ou en podcasts une fois la personne décédée, et ce jusqu’à 30 ans après la mort.

Si vous souhaitez confier vos sentiments et vos pensées intimes, ne vaut-il mieux pas le faire de votre vivant ? Une façon de rester dans l’esprit des vivants et leur rappeler de bons moments qui pose, tout de même, la question de la communication au sein du monde réel !

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