Reconversion professionnelle : devenir buraliste / débitant de tabac

Devenir débitant de tabac

La profession de débitant de tabac représente une reconversion professionnelle attractive pour toute personne ayant la fibre commerciale, et souhaitant gérer un commerce de façon autonome au quotidien. Toutefois, il s’agit d’un métier obéissant à un statut juridique particulier, qui implique certaines qualités et formations. Voici un décryptage du fonctionnement spécifique de cette profession, du travail quotidien protéiforme et des perspectives pécuniaires qu’elle engendre.

Débitant de tabac, un statut à part

Si le buraliste endosse quotidiennement les multiples casquettes d’un commerçant indépendant, il n’en a pas le statut. Il est en réalité un agent de l’administration. L’État reste en effet propriétaire officiel du débit de tabac, et octroie au débitant un traité de gérance du commerce. Ce traité de gérance, délivré pour une durée renouvelable de trois ans , entérine officiellement les responsabilités de chacun dans l’administration et précise le lieu de la concession de tabac. Le buraliste sera propriétaire du fond de commerce, mais pas du débit de tabac.

Les conditions d’accréditation

L’État impose des conditions précises d’octroi d’une accréditation en tant que buraliste. Le postulant doit obligatoirement détenir la nationalité française, ou celle de l’un des pays membres de l’Union Européenne. Le casier judiciaire du buraliste doit impérativement être vierge. Ce dernier ne doit pas être gérant d’un autre débit de tabac. Il doit obligatoirement être propriétaire du fond de commerce du débit de tabac. Outre le fait de remplir ces différentes conditions vis à vis de l’État, le buraliste doit également recevoir l’aval de La Française Des Jeux.

Les formations et les diplômes nécessaires

Si aucun diplôme précis n’est requis pour devenir buraliste, une formation validée de type CAP d’employé de vente, avec une option D concernant la spécialisation dans la vente de produits de librairie, papeterie, presse, s’avère très utile. Le buraliste a ensuite l’obligation de suivre deux stages de formation distincts. Le premier stage intitulé “Nouveaux Buralistes”, se déroule juste avant la prise de fonction et aborde les aspects concrets et quotidiens de la fonction. Le second stage de formation, intitulé “Renouvellement du Contrat de Gérance”, se déroule tous les 3 ans. Il permet d’aborder les différentes évolutions du métier, et conditionne le renouvellement du contrat de gérance par l’État. Ces stages peuvent notamment êtres suivis auprès de la Maison des Buralistes, principale confédération du secteur et premier organisme de formations dédiées.

Les qualités requises

Parmi les qualités requises pour devenir buraliste, la polyvalence est à mettre en exergue. Le débitant de tabac est à la fois un préposé de l’administration, et un entrepreneur indépendant avec toutes les casquettes que cela implique. Le buraliste doit naturellement accueillir et servir sa clientèle, mais il doit également s’occuper de la présentation des produits et de l’organisation des linéaires. Il effectue également les achats et les commandes diverses du point de vente. Il gère ses stocks et veille au bon déroulement des livraisons. Le buraliste doit également enfiler sa casquette de manager pour gérer les problématiques liées au personnel, comme les plannings, les absences ou les congés. Le débitant de tabac doit également chausser ses lunettes de comptable pour tenir une comptabilité quotidienne claire. Ce dernier doit donc faire preuve d’une certaine énergie, d’une résistance physique avec des stations debout prolongées, d’un sens du commerce, d’aptitudes au management et de rigueur. Si la règle sur le temps de travail à 35 heures hebdomadaires s’applique théoriquement au buraliste et à ses employés, le nombre d’heure avoisine plutôt les 60 heures hebdomadaires, avec une journée de fermeture obligatoire. Cette journée est souvent utilisée par le professionnel pour parfaire la gestion et les plannings. L’intensité et le temps de travail varient selon la taille du débit de tabac, le nombre d’employés et les variations de fréquentations.

Les produits vendus

En matière de produits vendus, la variété s’installe, créant de fait une obligation de polyvalence. Le débit de tabac à proprement dit propose des articles dédiés aux fumeurs, cigarettes, cigares, e-cigarettes et recharges, briquets, allumettes et objets liés à l’univers de la tabacologie. Mais le buraliste propose également des Jeux à gratter de la Française Des Jeux, des grilles de PMU, des titres de transports en commun, des journaux et des magazines. Il propose également des timbres classiques et des timbres fiscaux, des bonbons et sucreries, et des recharges prépayées pour téléphones portables. Le débit de tabac est également souvent associé à un débit de boissons, alcoolisées ou non, ce qui fait du buraliste un tenancier de bar.

Le salaire du buraliste

Il n’existe pas de grille de salaire du buraliste, comme on en trouve pour d’autres préposés de l’administration. En matière pécuniaire, c’est la casquette d’entrepreneur indépendant qui prévaut, le salaire dépendant directement du chiffre d’affaire. Le buraliste touche 5% de commission sur les ventes de jeux de la Française Des Jeux. Il touche 1,6% de commission sur son chiffre d’affaire avec les grilles de PMU. Le débitant touche une commission négociable en fonction de son stock, sur les ventes de tabac. Il touche une commission de 3% sur les ventes de cartes téléphoniques. La fréquentation variable impacte le chiffre d’affaire et fait varier les bénéfices et le salaire du buraliste. Ce dernier, propriétaire du fond de commerce, doit payer un loyer pour les locaux du débit de tabac. Les bénéfices issus des ventes des divers types de produits sont tous soumis à imposition. Un modeste débit de tabac citadin sur un emplacement moyen, adossé à un petit bar, géré de manière rigoureuse, peut déboucher sur un salaire de 1300€ à 1500€ mensuels. Les plus gros établissements, bien situés, permettent de dégager 4000€ à 5000€ mensuels.

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